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En 1970, l’artiste Christian Boltanski envoie une lettre au galeriste José Pierre afin de solliciter son aide. « Il faut que vous m’aidiez […] je ne pense pas pouvoir le supporter bien longtemps » lui écrit-il, « il faut absolument que je m’en sorte ». À partir de cette lettre, Stanley Février performe l’action de sa réécriture dans une vidéo réalisée en 2017. Il y adresse sa propre détresse à Boltanski en lui postant sa lettre quelque quarante ans plus tard. En faisant ce geste, il décide d’ajouter à son envoi 41 galeries en arts contemporains qui ne lui donneront aucun retour.

 

Dans l’ensemble de son travail, Stanley Février s’engage à faire œuvre utile afin de mobiliser, face à l’injustice, le citoyen, les acteurs civiques et institutionnels en les poussant à l’action. Plus spécifiquement, le projet Les vies possibles aborde la question de la détresse psychologique vécue par les artistes. Il interroge les signaux de leur détresse et leur difficile reconnaissance par le milieu des arts, la pression qu’exerce ce dernier et l’absence cumulée de réponses auxquelles de nombreux artistes font face. Que faire lorsque toute forme de communication est devenue silencieuse ? Partant des Pavillons alphabétiques utilisés internationalement en temps de bris de communication par le transport maritime, Stanley Février élabore un nouveau cadre visuel à partir duquel les artistes et les citoyens sont invités à émettre leur propre signal d’urgence.

 

Menm vye tintin. L’expression vient du créole haïtien et évoque la ritournelle classique du recommencement. Sa traduction anglaise, Same old shit, évoque la facilité qu’ont les choses merdiques à se multiplier d’elles-mêmes. En français, la même criss d’affaire, révèle une profonde exaspération qui, au lieu de figer Stanley Février dans le désabusement, le pousse à agir face à ces préjudices afin que les choses ne soient plus menm vye tintin.

Vue de l'expossition au Musée d'art contemporain des Laurentides (MACLAU)

 La radio les vies possibles a été réalisée grâce au soutien du Conseil des arts de Longueuil (CAL)

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